Ombrières photovoltaïques du centre aquatique Aqua’Rel

Les ombrières sortent de terre sur le parking du centre aquatique Aqua’Rel à Lons-le-Saunier : 1 344 modules photovoltaïques, 658 kWc, 160 places couvertes. Avant que la première structure ne soit levée, nos équipes ont réalisé le lot VRD et génie civil de l’opération — massifs de fondation, réseaux enterrés, reprise des sols. La partie que personne ne voit une fois le chantier terminé, et dont dépend pourtant tout le reste.

Une ombrière photovoltaïque de parking se résume, vue du public, à une structure métallique et des panneaux. Vue du chantier, c’est d’abord un ouvrage de génie civil : des fondations dimensionnées pour reprendre des efforts de soulèvement, des réseaux électriques à enterrer sur plusieurs centaines de mètres, et une chaussée à démolir puis reconstituer sans dégrader le niveau de service du parking.

C’est ce lot que nous avons réalisé pour ECLA sur le parking d’Aqua’Rel, boulevard de l’Europe. Un lot qui doit être irréprochable pour une raison simple : tout ce qui vient après en dépend, et rien de ce qui vient après ne peut le rattraper.

Produire l’électricité à vingt mètres de l’endroit où on la consomme

Le principe retenu par ECLA est celui de l’autoconsommation : l’électricité produite par les ombrières est dédiée au fonctionnement de la piscine, et couvrira près de la moitié de ses besoins. Le surplus sera consommé sur d’autres sites de l’agglomération plutôt que revendu.

Difficile d’imaginer meilleur candidat qu’un centre aquatique. Une piscine consomme en continu — filtration, traitement d’eau, chauffage, déshumidification, éclairage — avec un appel de puissance qui ne faiblit pas de la journée. La courbe de production solaire et la courbe de consommation se superposent donc naturellement, sans stockage ni revente à bas prix. Et le foncier mobilisé est un parking déjà imperméabilisé : aucune terre agricole, aucun espace naturel engagé.

À l’arrivée, 777 MWh par an — l’équivalent de la consommation de 230 logements — et 45 tonnes de CO₂ évitées chaque année.

Le cadre réglementaire va dans le même sens. La loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables (dite loi APER) impose la couverture par ombrières photovoltaïques des parkings extérieurs de plus de 1 500 m², selon un calendrier échelonné qui a fait l’objet de plusieurs ajustements. Les parkings d’équipements publics figurent en première ligne : grandes surfaces, exposition dégagée, raccordement électrique déjà présent.

S’y ajoute un bénéfice d’usage que les délibérations ne mentionnent jamais, mais que les usagers constateront dès le premier été : 160 places à l’ombre devant un centre aquatique.

Le point dur : les massifs de fondation

Une ombrière de parking est une grande voile. Chargée de panneaux, elle travaille surtout en soulèvement sous l’effet du vent, et ses fondations sont dimensionnées pour cela plutôt que pour la descente de charges.

Concrètement, chaque pied de poteau repose sur un massif béton armé dont l’implantation ne souffre aucune tolérance. La structure métallique est préfabriquée en atelier, sur des cotes théoriques : un massif décalé de quelques centimètres ou mal calé en altimétrie se solde par une reprise sur site, avec un planning de montage déjà engagé et une équipe de levage mobilisée.

Sur 2 000 m² de couverture et 160 places, l’erreur n’est pas rattrapable au coup par coup — une file de poteaux mal alignée se voit à l’œil nu une fois les panneaux posés. Nous travaillons donc en implantation topographique systématique, avec contrôle de l’implantation et des altitudes avant chaque coulage.

La difficulté propre à ce type de site est le sous-sol. Un parking existant est truffé de réseaux — éclairage, eaux pluviales, parfois eau potable ou télécoms — rarement cartographiés avec précision. Chaque fouille de massif est un croisement potentiel, traité en dégagement soigné à l’approche des ouvrages repérés.

Les réseaux : du pied de poteau au point de livraison

Entre les rangées d’ombrières et le point de livraison court un réseau électrique complet : tranchées, fourreaux, lit de sable, grillage avertisseur, chambres de tirage aux changements de direction et aux dérivations. Avec 1 344 modules à raccorder et une production destinée à alimenter la piscine en direct, ce réseau n’est pas un accessoire du projet : c’est ce qui relie la production à l’usage.

C’est aussi la partie du chantier qui ne se voit jamais et qui conditionne l’exploitation sur vingt-cinq ans. Un fourreau écrasé au remblaiement, une chambre mal calée, un grillage avertisseur oublié, et la première intervention de maintenance se transforme en recherche de réseau. Le soin apporté au remblaiement et au compactage vaut ici autant que celui apporté au béton.

Travailler sur un parking qui reste ouvert

Aqua’Rel est un établissement recevant du public, en fonctionnement pendant le chantier. Le parking ne pouvait donc pas être neutralisé en totalité.

Le chantier a été découpé en zones successives, avec maintien permanent d’une capacité de stationnement et d’un cheminement piéton sécurisé jusqu’à l’entrée de l’équipement. Chaque zone est ouverte, traitée et rendue avant d’attaquer la suivante — approche moins efficace sur le papier qu’une emprise totale, mais seule compatible avec un équipement qui reçoit du public tous les jours.

Ce phasage impose une discipline de chantier : balisage revu quotidiennement, propreté des voiries empruntées, et information en amont du gestionnaire de l’équipement avant chaque basculement de zone.

La reprise des sols : ce qui reste visible

Dernier poste, et le seul que l’usager jugera : la remise en état. Reconstitution de la structure de chaussée au droit des fouilles et des tranchées, couche de roulement en enrobé, puis reprise du marquage et du calepinage des places sous les nouvelles ombrières.

Un parking neuf se juge à la planéité de ses enrobés et à la netteté de ses raccords. C’est la signature visible d’un lot qui, pour l’essentiel, est enterré.

Nous remercions ECLA et le SIDEC pour leur confiance sur ce chantier. Vous portez un projet d’ombrières photovoltaïques, d’aménagement de parking ou de réseaux en milieu urbain contraint ? Contactez nos équipes.


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