STEP de Trenal : nous avons déconstruit l’ancienne station pour bâtir la nouvelle

Mise en service en 1989, l’ancienne station de Trenal arrivait en bout de course. Un décanteur-digesteur en traitement primaire, un lit bactérien sans recirculation ni clarificateur en secondaire, le tout dimensionné pour 350 équivalents-habitants : une filière devenue incapable de tenir ses rendements. Les bilans le confirmaient sans ambiguïté — quatre dépassements du niveau de rejet sur les six derniers bilans 24 heures.

Le site est par ailleurs sensible. La station se trouve dans le périmètre de protection éloignée du captage de Bonnaud, qui exploite la nappe alluviale de la Vallière pour l’alimentation en eau potable. Son exutoire, le ruisseau du Roi, est un cours d’eau à écoulement temporaire, en assec une partie de l’été. Autrement dit : un milieu récepteur sans capacité de dilution, au-dessus d’une ressource en eau potable.

ECLA a donc fait le choix d’une station neuve, implantée plus près du village pour raccourcir le réseau de transfert, et d’exigences de rejet volontairement supérieures au minimum réglementaire.

Une station qui tourne presque sans énergie

La filière retenue est celle du filtre planté de roseaux à deux étages : un premier étage à écoulement vertical réparti en trois casiers, alimenté par bâchées, suivi d’un second étage à écoulement horizontal en deux filtres. Entre les deux, une recirculation en tête de traitement. En sortie, une zone de rejet végétalisée de 130 mètres linéaires joue le rôle de tampon avant le fossé de la RD 30, puis le ruisseau du Roi.

C’est une filière rustique, et c’est précisément sa qualité : pas d’aération forcée, pas de clarificateur, une consommation électrique limitée aux pompes de relevage, et des boues qui se minéralisent sur place au lieu d’être extraites en continu. Pour une commune de cette taille, c’est la différence entre une station qu’on exploite et une station qu’on subit.

Notre intervention a couvert le terrassement et le génie civil de l’ensemble : les postes de refoulement en béton armé préfabriqués, les regards de vannage, de répartition, de recirculation et de comptage, la pose du dégrilleur, les réseaux de refoulement en PEHD PE100 RC PN16 et les réseaux gravitaires en PVC CR8, le local technique, le chemin d’accès, la clôture et les portails.

Les massifs filtrants : là où se joue le rendement

Le cœur du chantier n’est pas le béton. Il est dans les graviers.

Un filtre planté ne traite correctement que si son massif filtrant est rigoureusement conforme : granulométrie, propreté, épaisseur de chaque couche, planéité.

Une couche mal calibrée, un gravier insuffisamment lavé, et c’est le colmatage à moyen terme — invisible à la réception, irréversible trois ans plus tard. Même exigence sur les réseaux d’alimentation : le système de distribution doit assurer une vitesse d’autocurage d’au moins 0,6 m/s et se vidanger intégralement entre deux bâchées, sous peine de dépôt et de gel.

Les niveaux de rejet à tenir sont ceux applicables aux stations de plus de 2 000 EH, appliqués ici à une station de 470 EH : 25 mg/l en DBO₅, 35 mg/l en MES, 10 mg/l en NTK. Le maître d’ouvrage a choisi d’aller au-delà de ses obligations, compte tenu de la sensibilité du milieu.

Déconstruire et recycler

Une fois la nouvelle station en service, l’ancienne a été déposée. Démantèlement des équipements, évacuation de la pouzzolane du lit bactérien, puis démolition du décanteur-digesteur — 136 m³, six mètres de diamètre — et du lit bactérien — 70 m³ —, du local technique et du canal de comptage. Les voiles béton ont été arasés et les radiers perforés pour éviter tout effet de cuvette.

Les bétons de démolition ont pu repartir dans la boucle du recyclage des matériaux de déconstruction et réutilisation sur chantier de VRD.

Un site rendu, un milieu préservé

Au-delà des ouvrages, le chantier comportait son lot d’obligations environnementales : l’ensemble des interventions a été conduit en tenant compte du périmètre de protection du captage.

La station est désormais exploitée par ECLA, avec un entretien hebdomadaire, un faucardage annuel des roseaux en sortie d’hiver et un bilan complet tous les deux ans. Les boues produites partent en compostage.

Nous remercions ECLA et Cabinet Merlin pour leur confiance. Vous portez un projet de station d’épuration, de réseau d’assainissement ou de déconstruction d’ouvrages ? Contactez nos équipes.


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